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 La deuxième vie [pv Lucifer]

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Jenifael
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MessageSujet: La deuxième vie [pv Lucifer]   Sam 2 Oct - 12:05

    S'il y avait eu un procès, l'elfe ne s'en souvenait pas. Aucun souvenir que ce soit visuel ou olfactif ne lui vint en mémoire. Son esprit ne trouvait que le vide, laissant échapper ses souvenirs au fur et à mesure qu'elle y pensait, et le dernier fut Dalken. Son visage s'effaça rapidement et bien que son nom résonnait encore dans son esprit, l'elfe ne pouvait absolument plus se souvenir de qu'il s'agissait. Jenifael tenta de se raccrocher à cette maigre pensée mais elle sentait que même celle-ci lui échappait.

    Les yeux clos, elle s'efforça de retrouver ses autres sens. Une odeur âcre, comme les cendres d'un bûcher vint à ses narines alors qu'un faible vent, semblable à un courant d'air lui balayait le visage. Le toucher lui revint petit à petit, et son esprit tenta de se ressaisir pour se situer. La jeune femme pouvait sentir une pierre chaude sous sa jour gauche, ainsi que sous tout son corps. Elle en déduisit qu'elle était allongée sur le sol. Doucement, elle ouvrit les yeux et le spectacle qui s'offrit à elle n'avait rien de comparable. L'elfe se redressa lentement pour observer la demeure qui se trouvait face à elle: elle n'avait jamais rien vu de semblable, enfin, c'est ce qu'il lui semblait. Un château se dressait devant ses pieds, d'une grandeur sans nom et dont l'architecture était d'un raffinement qui dépassait l'entendement. Tout n'aspirait qu'à la beauté et la luxure qu'aimait tant les elfes. Lentement, Jenifael se leva sans quitter des yeux la demeure, admirant sans cesse ses sculptures ainsi que ses moulures. En silence, elle suivit du regard les larges fenêtres qui s'alignaient le long de la bâtisse qui disposaient de nombreuses ailes. Elle promena ses yeux sur ce qui l'entourait et vit qu'elle se trouvait sur une grande place pavée à laquelle se trouvait au bout des demeures toutes aussi luxuriantes les unes que les autres. Jamais il n'avait semblé à l'elfe de voir pareil endroit. Elle se croyait seule, observant sans relâche tout ce qu'il se passait autour d'elle afin de déterminer dans quel endroit elle pouvait se trouver. La jeune femme avait beau fouiller dans sa mémoire, aucun souvenirs ne voulut faire son apparition; c'est comme si elle n'avait eu aucune vie précédente. Elle savait juste qu'il existait une autre monde où les couleurs, les odeurs et le climat étaient différents, mais elle ne savait absolument pas où se trouvait ce monde.

    Plongée dans ses réflexions, elle n'avait pas vu les gens qui passaient désormais sur la place, ne faisant pas attention à elle. Une foule de personnes, l'entouraient comme si elles avaient toujours été là, mais que l'elfe n'avait pas remarquée. Jenifael baissa les yeux pour observer ses vêtements; elle portait toujours son armure de chevalier de Kleryana, mais sa provenance lui était totalement inconnue. Son épée à double tranchant se situait à se place habituelle, n'ayant pas bougée depuis... Depuis quand ? L'elfe arqua un sourcil, confuse et perdue dans sa mémoire vide. Un seul nom pourtant n'arrivait pas à s'échapper; Dalken. Jenifael ne savait déjà plus qu'il s'agissait de son fidèle chevalier, ni de l'amour qu'elle éprouvait pour lui, mais elle savait au fond d'elle que c'était une personne à qui elle devait se raccrocher.

    Un bruit sourd l'a sortit de ses songes et lorsqu'elle leva les yeux devant elle, elle vit des hommes en armures sombres sortir du château et s'approcher d'elle. L'elfe se sentait incapable de bouger alors que la foule s'était subitement arrêtée pour observer ce qu'il allait se passer. Jenifael ne bougea pas, même pour prendre son épée et se défendre. Non, elle observa ces soldats arriver à sa hauteur, et qui formaient un cercle autour d'elle. Un homme, qui portait une armure plus riche s'approcha et la fixa du regard, puis, sans un mot, il fit signe de la tête. Deux hommes prirent chacun un bras de l'elfe pour la forcer à avancer. Ce qu'elle fit sans même songer où ils l'emmenaient.

    Ayant l'esprit encore embrumé, elle ne fit pas attention au chemin, aux couloirs et aux portes qu'ils empruntaient. Elle leva souvent les yeux pour regarder la richesse de l'endroit, et se demander sans cesse où elle se trouvait. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, elle semblait perdre toute notion du temps et ne chercha plus à se demander si elle était en danger ou non, mais surtout où elle se trouvait. Jenifael se laissa porter au grès des soldats.

    Lorsque l'elfe leva la tête, les gardes s'étaient arrêtés et l'a jetèrent au sol sans grande délicatesse. Jenifael se rattrapa comme elle pu, mais tomba face contre terre sur un tapis au rouge éclatant. Elle toussota puis leva la tête pour voir dans quel nouvel endroit elle se souvenait. Mais bien sûr, la pièce dans laquelle elle se trouvait ne lui aspirait aucun sentiment de connaissance et encore moins de sureté. Elle tout aussi riche que le reste du château, mais plus en longueur et peut-être plus sombre. Au bout, se trouvait un grand siège, vide, mais qui semblait représenter l'autorité de cet endroit. Elle en déduisit qu'elle se trouvait dans un lieu royal, avec une certaine hiérarchie, pourtant, personne d'autre qu'elle n'était présente dans la pièce. Un sentiment d'oppression s'éprit de son coeur, mais aussi de son esprit lorsqu'elle promena son regard autour d'elle. Les Enfers... Elle se souvint vaguement d'être morte, puis d'être passé devant le tribunal de Nargùlfr. Non, il n'y avait pas eu de procès, elle était directement venue dans cet endroit dont seuls les livres content des songes plus horribles les uns que les autres. Il n'y avait donc pas d'issue si le roi des Enfers l'avait directement appelé à lui.

    Jenifael resta à genoux, songeant qu'il n'y avait aucune issue pour elle et que son esprit serait condamné à vivre éternellement ici. Mais pourquoi ? Oui, elle avait trahis son peuple, mais était-ce une raison pour la faire croupir dans les Enfers ? Sa question mourut dans son esprit lorsqu'elle se rendit compte que tous les souvenirs de sa vie passée disparaissaient au fur et à mesure. Sa punition avait été plus cruelle puisqu'il ne lui restait aucun souvenir. Sauf ce prénom. Sans attendre davantage, elle retira la dague qui se trouvait dans sa botte, puis retira à la hâte la protection de son poignet gauche qu'elle mit à nu. Inspirant un grand coup, elle grava un unique mot elfique sur son avant bras :


    Si seul ce prénom pouvait l'a raccrocher à cette vie oubliée, alors elle voulait qu'il reste en elle. Dalken, bien qu'il lui semblait être quelqu'un d'important à ses yeux, aucun visage ni souvenir vint se greffer sur ce prénom. A plusieurs reprise elle se mordit les lèvres pour ne pas crier sous l'effet de la douleur, ne voulant attirer un attention. Son sang coula lentement le long de son poignet pour s'écraser sur le tapis tout aussi rouge.
    Du bruit vint d'un couloir, et Jenifael rangea sa dague à la hâte puis remit négligemment sa protection à son poignet, alors que du sang coulait toujours le long de sa main. Elle se leva d'un bond, sachant que quelqu'un se trouvait dans l'a pièce. La respiration rapide, elle scrutait chaque recoin sombre dans l'attente de voir une silhouette.

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MessageSujet: Re: La deuxième vie [pv Lucifer]   Dim 3 Oct - 6:01

La bataille d’Hécara ne s’était pas encore achevée. En fait, il semblait que les deux armées prenaient une pause dans les combats. Les Royalistes avaient conservé un poste avancé ainsi que leur camp principal et Waldstein devait sans doute se préparer pour sa nouvelle offensive sur la ville. Espérant sans doute avoir un meilleur résultat. Lucifer n’aimant pas les pauses, ni les pauses, ni les pertes de temps, il signifia au Général qu’il partait pour une heure en enfer. Il ne devait jamais s’en absenter longtemps. Bien que tous les démons lui obéissent au doigt et à l’œil, lorsqu’il s’absentait, ils avaient tous la fâcheuses manie à se croire tout permis. Et les punitions au retour du Roi dans son royaume étaient très courantes.
Cette fois-ci, le motif de retour très bref ne possédait aucune analogie avec une reprise de contrôle des élites infernales. Il ...Attendait. Un évènement ? Un objet ? Absolument pas ! Il attendait bel et bien une âme… Une âme particulière qu’il observait depuis un petit moment déjà. En effet, il ne fallait pas croire que Lucifer restait en enfer sans jamais regarder ce qui pouvait se passer au ciel dans le royaume de son frère. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’en l’an 873 la naissance de la Princesse Jenifael fut saluée des Dieux en personne. Tous les Dieux, excepté un seul, Lucifer lui-même. Non pas parce qu’il détestait d’avance cette jeune personne, bien au contraire, mais parce qu’il savait au fond de lui que tous les Elus sont soit destiné à mourir, soit destiné à trahir leurs sacrements voire les deux, dans un ordre plus ou moins fixe. Lucifer se souvenait même de l’enthousiasme général de tous ceux dont la jeune Princesse était connue. En bas, Lucifer, s’extasiait de ce bonheur général. Pour une raison simple : toute apogée ne peut se poursuivre que par une décadence. La naissance de Jennifer marquait la fin d’une époque pour les elfes, celle de leur liberté. La beauté, cette malédiction qui attirait toute les convoitises fut son lot. Lucifer observait toujours, avec attention, dès qu’il le pouvait. Le Mal voit toujours le mal venir. Lorsque les humains lancèrent des expéditions dans les terres elfes pour agrandir leur royaume et surtout, pour capturer la si belle Princesse qu’ils désiraient tant, ou plutôt, qu’un Roi prétentieux et imbu de lui-même désirait tant. Lucifer sentait les germes de la guerre et de la soumission prendre racine. Et cela ne rata pas. Le Roi des Enfers attendait la chute de celle que tous considérait comme une quasi divinité. Il savait qu’elle finirait par chuter. Quelle ne fut pas sa joie lorsqu’il apprit son mariage avec le prince Hadrian, digne fils de son Père, Roi tyrannique et monstrueux. Il le savait, cette fois-ci, son âme lui appartiendrait, elle tomberait dans la face ténébreuse du monde. Trois siècles, trois siècles à voir les Dieux regarder celle qu’ils avaient bénie tomber inexorablement dans les mains de Lucifer. Une elfe, belle et pure, tombant dans le sang, la trahison et la bassesse. De plus, le Dieu démoniaque sentait en elle quelque chose d’autre… Comme si…Elle l’attirait, non pas sentimentalement, ni même physiquement mais… Il semblait attiré vers elle comme un chasseur vers une proie. Il pouvait voir en elle une sorte d’énergie étrange qu’il ne pouvait expliquer et qui, dès qu’il essayait de le faire, lui troublait l’esprit, comme si une sorte de sortilège cherchait à l’éloigner de cette réflexion. Mais tout cela était terminé. Il venait d’apprendre de la part d’un des démons espions qu’il avait envoyé sur terre que la Reine Jenifael était morte. Un sourire cruel et sadique marqua son visage. Son frère avait échoué avec elle du début jusqu’à la fin et toutes les bénédictions du monde n’avait pu enlever la patte du Mal sur son âme.
Lucifer n’assistait généralement jamais au tribunal de la purge du Dieu des nécromanciens. Il ne manqua pas cette fois-ci d’y assister. Pas physiquement, mais grâce à une boule de vision. Il observa avec délectation l’exposé des crimes. Puis le jugement tomba : la damnation. Son âme appartenait désormais à Lucifer. Il fit donner des instructions aux démons qui devaient récupérer les âmes. Elle devait arriver au Palais Impérial, et sans aucun dégâts. Lucifer fit parfaitement sentir à ses esclaves démons que le non respect de ses ordres pourrait avoir de très fâcheuse conséquence pour les fauteurs. Il se retira ensuite dans ses quartiers privés. Il devait réfléchir. Les quartiers de Lucifer étaient immenses. En fait, ils occupaient presque toute une aile du Palais. Absolument interdite à toute personne qui n’y avait pas été invité. C'est-à-dire tout le monde excepté un personnel de cuisine et une compagnie de soldat d’élite trié sur le volet. Que pouvait-il donc y avoir là hormis une cuisine et une salle de garde ? Des livres, des centaines de milliers de livres. Partout, dans des étagères, à même le sol, empilé sur des bureaux. Le souverain infernal possédait des volumes uniques, une Bibliothèque digne d’un Dieu. Il se trouvait au plus profond de sa tanière lorsqu’un garde vint le chercher.


-Votre Majesté…Elle est arrivée. Nous vous attendons dans la salle du trône.

Lucifer ferma le livre qu’il tenait dans ses mains. Il n’avait même pas pris le temps de se décrasser de l’horrible odeur de sang qu’il dégageait depuis son retour de la bataille. Elle pouvait patienter encore un peu. Vu les plans que Lucifer possédait pour elle, il valait mieux perdre un peu de temps en futilité plutôt que de risquer d’induire en elle des sensations désagréables. Il prévint le soldat d’envoyer du personnel pour qu’on lui apporte une tenue propre et que son armure soit nettoyé immédiatement. Il se dirigea vers les bains de vapeur du Palais. Et se plongea dans l’eau issue d’une source chaude que les volcans infernaux offraient en grand nombre. Ses cheveux mouillé et long en arrière, on pouvait voir la cicatrice laissé par le sang de sa fille. Une balafre qu’il cachait du mieux qu’il le pouvait grâce à une longue mèche de cheveux. Il se détendit. Maintenant, avec cette guerre qui s’annonçait entre Slorak et son frère Hadrian, la mort de la Reine et son arrivé ici, tout se déroulait exactement selon le plan de Lucifer. Il se plongea entièrement sous l’eau. Ses yeux rouges luisant comme des rubis dans l’eau chaude et translucide… Il restait là, à retenir sa respiration. Avec un petit sourire. Les bras croisé sous l’onde. Ses cheveux passant devant ses yeux et s’épanouissant dans une masse noire au dessus de lui. Puis, il remonta en surface, et reprit de l’air. Il sorti du bassin ou la vapeur aurait troublé la vision de n’importe quels autres yeux. Mais ceux de Lucifer, le Porteur de Lumière, voyaient. Ils s’habilla, tranquillement, ses cheveux reprirent naturellement leur forme habituelle, sa mèche venant cacher sa balafre douloureuse. Une marque dans sa chair indélébile contre laquelle tous les remèdes magiques montrèrent leur impuissance. On lui mit son armure. Propre, sans aucune trace du sang humain qui coula quelque temps avant dessus.
La douce musique de la victoire traversa ses oreilles. Une sorte de mélodie triomphante, martiale, rythmée. Il imaginait une immense armée défiler sous son balcon avec des étendards démoniaques, tournant la tête pour le regarder et le saluer. Il imaginait les défilés puissants de ses partisans. Il sentait l’odeur du pouvoir s’approcher, il sentait ce plat délicieux qu’il considérait comme son préféré. Il fit venir l’un des officiers des gardes de ses quartiers.


-Préparez l’annexe de mes quartiers pour notre invité. Qu’elle ait une vue imprenable sur la chaine de Volcan et les coulées de magma. Préparez lui également une garde robe. Et traitez là avec respect. Celui qui la moleste ou tente d’abuser de son état d’amnésie devra en répondre devant ma lame…Est-ce clair Capitaine ?

Le démon, un grand homme chauve avec une cicatrice lui traversant en diagonale tout le visage posa sa main sur son cœur et s’inclina légèrement avant de tourner les talons afin de suivre les ordres de son maître. Un jour en enfer avait beau être une heure sur terre, le Roi ne devait pas traîner. La Bataille pouvait reprendre à tout instant, et il fallait donc en terminer avec cette partie là de son plan. Il marchait dans les longs couloirs de son Palais. Une merveille qui avait pris deux siècles infernaux à construire dans son intégralité. Combien de démons avait-il tué à la tâche ? Deux milles, peut être trois milles. Toute l’industrie de l’enfer fonctionna à plein régime lors de son édification.
Lucifer approchait de la salle du trône. Il pouvait sentir la présence, affaiblie de l’ancienne Reine. Il arriva dans la salle… Il la voyait, à terre, faible. Il pensa alors à Iso, celle que l’on disait être la mère de cette femme. En effet, on ne mentait pas, sa beauté n’avait aucun égal dans le monde des mortels, et rivalisait avec la plus part des Déesses. Il voyait l’exacte réplique d’Iso à genoux face à lui. Si seulement cela avait pu être la Déesse en personne. Il senti une odeur de sang, fine et légère sur elle. Il regarda son poignet, et fit un filet de sang s’échapper de sa protection. Peut être une blessure superficielle. Rien d’important pour Lucifer en tout cas. Elle semblait terrifiée, ou du moins, très déboussolée. Encore toute en arme, elle ne devait absolument rien comprendre à ce qui se produisait. Au lieu d’aller sur son trône pour la prendre de haut, il valait mieux rassurer l’elfe qui se tenait face à lui. Il s’approcha d’elle et posa juste un genou à terre pour mettre son visage à son niveau, la regardant dans les yeux. Le dos de sa main vint se poser sur la joue droite de l’elfe, et il lui tourna délicatement la tête d’un côté, puis de l’autre afin de mieux observer son visage. Il restait silencieux.


-On ne m’avait pas menti. Votre beauté est indéniable, même pour une morte. Vous devez être un peu perdue. C’est normal. Cet endroit est déboussolant lorsqu’on y arrive. Je suis satisfait que vous ayez fini par y venir. Je vous attends depuis...Très longtemps, Jenifael.

Lucifer se releva. Il tourna le dos à la princesse sans pour autant se diriger son trône. Il marcha un peu en rond. Tout cela devenait très intriguant. L’énergie qui le brouillait, cette énergie dont un sort semblait l’empêcher de réfléchir dessus, semblait s’être évaporé. Etrange…Troublant… A nouveau, le Maître des Démons pensa que cela n’avait aucune importance. Cela devait être un effet de la mort sur les personnes telles que Jenifael.

-Même si vous êtes déboussolée, je suppose que vous savez qui je suis. Généralement, tout le monde le sait lorsqu’il vient ici. Vous savez donc aussi que logiquement, votre destin devrait être la torture de votre âme pour l’éternité. Du moins, c’est le sort que je réserve aux âmes qui m’appartiennent. Mais vous, êtes différentes. Comme je l’ai dit, cela fait très longtemps que je vous observe. Et à présent, vous êtes ici. Sans passé, donc sans présent. Je peux vous offrir un présent ici.

Lucifer s’approcha de nouveau vers Jenifael. Il resta planté devant cette femme, à genoux. Il avait baissé la tête pour la regarder, même morte et sans souvenir, elle conservait une sorte de lumière divine. Ils l’avaient vraiment béni. Elle semblait être un phare dans ce monde de Ténèbres. Un phare que Lucifer prendrait un plaisir immense à faire s’éteindre. Il devait être la seule Lumière brûlante et aveuglante de ce royaume. La réelle Lumière ne devait entrer ici. Il lui tendit la main dans le but de l’aider à se relever.

-Acceptez-vous mon aide, Jenifael ? Acceptez vous le cadeau que le Roi des Enfers vous offre en permettant de le servir loyalement, ou bien préférez vous que votre âme subisse les pires châtiments pour l’éternité ?
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Jenifael
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MessageSujet: Re: La deuxième vie [pv Lucifer]   Lun 4 Oct - 4:10

    Lorsque le Roi des Enfers s’approcha d’elle, Jenifael fut surprise de ne pas avoir ressenti son arrivée. Tandis qu’il s’agenouillait, qu’il touchait doucement son visage et qu’il lui parlait, elle ne bougeait pas l’écoutant attentivement sans même arriver à ressentir une quelconque émotion. Elle observa cet homme froid, maître incontesté de ces lieux qui semblait dénué de tout sentiment, sauf certainement celui de prendre un plaisir sadique à accueillir des âmes impurs. Les compliments qu’il lui adressa ne gagnèrent pas son cœur, et elle préféra les renier pour ne pas succomber face au Roi.
    Les livres disaient que les âmes qui s’enterraient aux Enfers étaient condamnées à des siècles de tortures sans relâche. L’elfe tenta de s’imaginer à quoi cela pouvait bien ressembler, mais en jetant un œil sur Lucifer, elle préféra chasser cette lugubre pensée de son esprit. A vrai dire, elle ne savait pas quelle attitude elle devait adopter ; sa nature douce ne l’aiderait pas à sortir de cet endroit, ni même son statut de demi-divinité. Jamais elle n’avait rencontrée sa mère, et elle songea qu’en ces lieux, Iso ne lui serait d’un aucun secours. Rapidement, elle comprit que si elle voulait survivre dans les Enfers, elle devrait mettre de côté sa sensibilité et sa douceur.

    Lorsque Lucifer lui tendit sa main pour l’aider à se relever, l’elfe la fixa un instant avant que son regard devienne plus froid. Du revers de sa main, elle repoussa violement celle du maître des Enfers, puis se releva sans aide tout en marmonnant. Une fois debout, elle se détourna de Lucifer sans lui adresser un regard ni une parole. Elle s’approcha d’une grande fenêtre, attirée par la lumière, qui pourtant n’était pas la même que dans le monde des mortels. Elle marcha lentement tandis que la douleur de son avant bras lui arrachait une grimace. Son sang battait à ses tempes et semblait faire ressortir plus fortement la blessure qu’elle venait de s’infliger. Un léger filet de sang s’échappait de sa protection de chevalier, coulant le long de ses doigts fins. Elle avait l’impression que tout souvenir relatif à ce prénom s’échappait avec le liquide rouge, pour s’écraser sur le sol des Enfers.

    Arrivée devant la fenêtre, elle perdit son regard à l’extérieur, songeuse à cette nouvelle vie qui lui semblait différente de sa précédente. Et pourtant, elle n’en avait aucun souvenir, ce qui était sa première torture. L’elfe connaissait son prénom, savait qu’il existait un autre monde dans lequel elle venait de périr, mais comment ? Pourquoi ? Sa tenue lui laissait penser qu’elle appartenait à un corps militaire assez haut placé, mais qui était-elle vraiment ? Mais surtout, qu’avait-elle fait dans sa vie pour être condamnée aux Enfers ? Sans se retourner, elle se risqua à le demander :

    _ Qu’ais-je fais de ma vie pour que mon âme doit subir la torture éternelle ?

    Sa voix était calme, apaisante et ne trahissait pas son angoisse. Elle avait l’impression de ne pas avoir parlé durant une éternité, et le propre son de sa voix qui semblait plus sombre, l’a surprit. En fait, elle n’attendait pas vraiment de réponse, certaine que Lucifer ne lui en donnerait aucune. Un sourire moqueur naquit sur ses lèvres lorsqu’elle ajouta :

    _ Mais bien sûr, vous seul le savez et rien ne passera vos lèvres. Je sais que je porte l’emblème de Kleryana, ce qui me laisse penser que je faisais partie de l’armée royale, mais pour être ici, j’ai bien dû tuer, piller ou je ne sais quoi d’autre. Mais encore une fois, je suppose que vous ne laisserez rien s’échapper de vos lèvres.

    Son sourire s’effaça rapidement tandis que son regard se promenait sur les jardins qui bordaient le château. Encore une fois, il lui sembla n’avoir rien vu de comparable dans sa vie précédente : des arbres plus majestueux les uns que les autres se dressaient comme par magie au milieu de parterres de fleurs aux miles couleurs. Les yeux de l’elfe se posèrent sur une sorte de fleur en particulier dont les pétales offraient un rouge aussi sombre que le sang. Elle se sentait attirée par ces roses épineuses à qui elle voulait s’identifier. Cette pensée la froissa, car l’ancienne reine se sentait étrangère à ce genre de pensée, de façon d’être. Elle changeait lentement, et dans quelques temps elle ne serait plus la même femme. Une larme cristalline coula doucement le long de sa joue pour aller se mêler au sang qui se trouvait déjà au sol.

    Les mots de Lucifer résonnèrent dans son esprit : « Sans passé, donc sans présent. Je peux vous offrir un présent ici. » Sans quitter les roses du regard, Jenifael tenta de s’infiltrer dans l’esprit du maître des Enfers comme elle savait si bien le faire. Cependant, elle se retrouva rapidement face à une barrière infranchissable. Sans tourner la tête, elle savait qu’il avait dû sentir cette intrusion, lui bloquant l’accès à son esprit et à ses émotions. L’elfe repoussa l’idée que cela était le fait qu’il soit un Dieu, car elle-même avait du sang divin qui coulait dans ses veines, et cette similitude lui apportait de grands pouvoirs, même face à d’autres divinités. Elle retira son esprit sans attendre, mais se promit de réitéré une autre fois. Une autre fois… Avait-elle fait son choix ? Toujours sans se retourner, et continuant à fixer les roses rouges sans relâche, elle prit la parole :

    _ Qu’avez-vous à m’offrir cher maître, pour que je puisse refuser ma condamnation à la torture ? Non pas que je préfère ce choix, mais si votre proposition n’est pas à la hauteur, je…

    Sa phrase mourut dans un souffle. Avait-elle vraiment le choix en fait ? Car au Enfers, elle n’avait aucun pouvoir, aucune autorité qui lui permettait de faire n’importe quel choix. Encore moins devant Lucifer en personne. Elle soupira, son souffle se propageant lentement dans le lieu qui était le plus redouté dans le monde des mortels. Non, elle n’avait pas le choix, et même si l’idée de servir le maître des Enfers lui paraissait une torture, elle n’avait rien de comparable à celles qui l’attendaient si elle refusait. Jenifael en était consciente, et elle savait que Lucifer connaissait déjà le choix qu’elle ferait. Elle ramena son avant bras blessé contre sa poitrine : ce genre de blessure superficielle brûlait sans cesse et se propageait lentement dans tout le corps jusqu’à l’âme. L’âme… Lui en restait-il une au moins ? Ce débat attendrait car à cet instant elle ne voulait se concentrer que sur la cicatrice qui apparaitrait par la suite. Ce prénom ne résonnait plus de la même façon dans son esprit, la sensation que ce soit quelqu’un d’important venait de la quitter, et même si elle voulait garder ces lettres intactes, elle savait qu’elle en oublierait rapidement la signification. Alors, si elle n’avait plus rien de sa vie dans le monde des mortels à quoi s’accrocher, pourquoi refuser une telle offre ?

    D’une main, elle essuya la larme qui venait de couler sur sa joue. Elle regarda une dernière fois les roses dans le jardin et se retourna pour enfin faire face au maître des Enfers. Avant d’avancer, elle le regarda dans toute sa grandeur et tenta de se convaincre que le servir était un honneur. Lentement, l’elfe s’approcha de lui sans le quitter du regard. Quelque chose en lui l’attirait qu’elle n’avait pas remarquée auparavant. Cependant, impossible d’expliquer ce que cela pouvait être. Une fois devant lui, elle s’arrêta suffisamment proche, ce qui aurait pu paraitre mal vu de se tenir aussi près d’un roi ; elle pouvait sentir la chaleur de son corps. Elle fit fi de toutes convenances et leva les yeux pour les plonger dans ceux du Dieu, au couleur rubis. Le contact de ce regard souleva davantage le sentiment étrange qui s’agrandissait en elle. Et à aucun moment, elle ne songea à le détourner. A vrai dire, elle n’aurait pas réussi à s’échapper de la puissante emprise de Lucifer. Dans ses yeux, elle comprit qu’elle était désormais prisonnière de ce monde, mais que d’autres desseins lui étaient destinés.

    En silence, Jenifael détacha le fourreau qui contenait son épée et l’offrit à Lucifer en signe de soumission. Il n’y avait pas assez d’espace entre eux pour que son bras soit tendu, mais elle tenait à lui faire ce présent : son arme représentait son pouvoir dans sa vie précédente. Sa voix ne fut qu’un murmure :

    _ Pas de passé, ni de présent. Vous seul tenez mon présent entre vos mains, alors offrez-le moi.

    L’elfe n’avait aucune idée de ce à quoi pouvait représenter la vie que lui offrait Lucifer, ni même si cela serait tout aussi douloureux et dangereux que les tortures, mais elle lui offrit sa soumission, ainsi que sa vie. Pas celle qui venait de se terminer dans le monde des mortels, mais celle qui commençait dans celui des Enfers. Elle avait conscience qu’elle avait rapidement accepté, sans poser de question ni faire part d’une seule objection ni demande. Mais elle avait accepté, consciente que de toute façon, cela serait mieux que les tortures éternelles.


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MessageSujet: Re: La deuxième vie [pv Lucifer]   Sam 23 Oct - 10:24

La Reine avait déjà changée. Lucifer pouvait le sentir, il pouvait voir son esprit s’imprégner lentement des effluves démoniaques de l’enfer. Il pouvait voir le poison gangréner son esprit. En fait, il ne voyait qu’une tâche de noir, petite, minuscule, infime sur un immense espace de lumière. Néanmoins, comme toute tache noire, elle ne fait que grandir, la sainteté de Jenifael s’envolerait bientôt. Son âme, il pouvait la voir, il pouvait voir la noire beauté qui d’ici peu la posséderait. Une sorte d’aura douce, envoûtante mêlant à la fois la douceur féminine et la violence de la pulsion de mort qui se trouvait en chaque être. Et le Dieu n’y était pas pour rien. Son influence démoniaque rayonnait sur toutes les âmes, sur tous les démons de cet univers. En enfer, Lucifer, le porteur de la sombre Lumière influait sur toute chose, il avait crée ce Royaume de ses mains, il l’avait sculpté dans le flux cosmique. Ce domaine maudit était à son image, plein d’idée violente et revancharde, une terrifiante envie de détruire rejaillissait sur ce lieu. Personne d’autre que Lucifer n’en connaissait les raffinements, personne mieux que lui n’aurait pu décrire sa création. Il s’était inclus dans chacune des parties de l’enfer qu’il avait réussi à mettre en forme.
Il la regardait, à terre, face à lui, elle semblait faible, terrifiée par l’endroit, puis d’un coup, à la surprise même du Roi des Enfers, elle repoussa violement sa main qui était sensée l’aider à prendre pied dans ce monde. Finalement, le travail ne serait peut être pas aussi laborieux pour la modeler à l’image. Si d’elle-même, elle venait à la violence, à la dureté et à la haine, alors tout serait très bien. Certains aristocrates infernaux poussèrent un cri de stupeur face à cette insolence. Un garde s’approcha, Lucifer tendit la main vers lui pour lui faire signe d’arrêter. On pouvait observer un sourire se dessiner sur le visage de Lucifer. Ses yeux rouges flamboyaient ; La Réponse ne se fit pas attendre… A peine debout, Lucifer prit par surprise l’ancienne Chevalière en lui assénant un splendide coup de genoux dans le ventre. Il avait d’abord saisi les épaules de l’ancienne militaire, et avait bien prit soin de prendre le maximum d’élan, conjugué à une vitesse importante. L’état encore relatif de déstabilisation de son sac de frappe avait permis ce coup douloureux. Il avait souhaité la plier en deux, comme sa volonté se plierait face à sa suprématie du Dieu des Enfers.
Personne ici ne pouvait affronter Lucifer ainsi sans en payer les conséquences, de plus, si elle pensait avoir connu la violence lors de sa vie mortelle, elle se trompait lourdement. Rien ne serait comparable à l’horreur qu’elle traverserait ici, rien ne serait comparable aux châtiments qu’elle infligera aux autres. Ici, personne ne pouvait vivre sans un emploi. Chacun travaillait, avait un rôle. La société des enfers était extrêmement hiérarchisée. La société infernale était basée sur un ambitieux et ingénieux système de caste. Personne ne pouvait espérer lutter contre l’impitoyable Ordre. Seul le mérite pouvait faire progresser ici. Et le mérite signifiait ne pas échouer dans les tâches que le Roi et ses proches collaborateurs vous assignaient. Elle n’y ferait pas exception. Bien que, Lucifer comptait faire en sorte que les épreuves qui lui seraient imposées ici lui permettent de progresser et d’arriver là ou il le souhaitait. Elle ne devait plus avoir aucune volonté propre, elle ne devait plus penser qu’à servir. Seule cette attitude permettrait aux plans de revanche de Lucifer de fonctionner.
Elle sembla ensuite l’interroger. Sa vie passée ? Celle de Reine ? Celle d’elfe ? Celle de traitresse à son peuple ? Celle d’Elue déchue des Dieux ? Oui, Lucifer rêvait de la mettre en face du sang et de la crasse qu’elle causa jadis, mais il n’en serait rien. Il devait l’ensevelir sous la coulée de lave des Enfers, elle devait être brisée avant que l’on puisse la reconstruire. Dissoudre, puis solidifier, tel était la devise du Roi des Enfers. Et cette chère Jenifael en serait l’objet idéal pour que les ambitions de son nouveau Maître puissent s’accomplir. Une irrésistible transformation, elle-même finirait par prendre plaisir aux sombres projets que Lucifer et elle bâtiraient ensemble, il le savait. Même si il ne possédait pas le don de voyance, même si l’avenir, comme à presque tout le monde d’ailleurs, lui fermait ses portes, il savait qu’au fond, elle finirait par fusionner totalement avec ce Royaume. Elle ne pourrait être elle-même qu’en servant fidèlement son Roi : Lucifer, et lui seul.
Il contempla encore ce corps, cette beauté offerte aux mortels par les Dieux. Un sourire goguenard sépara en deux le visage.


-La beauté…N’y a-t-il pas de privilège plus exorbitant que celle-ci… Par cet avantage, n’êtes-vous pas plus enclin à éveiller en moi la pitié inhérente à tout être masculin face à cela ? Votre corps…vos yeux, votre chevelure… Tout cela, vous rend bien plus égale que les autres dans la grande lutte pour survivre… Du moins, c’est ce que n’importe qui se dirait sans réfléchir à fond…

Lucifer, comme un serpent, se glisse juste dans le dos de l’ancienne Reine, sa main glissant comme les anneaux d’un reptile sur la ligne des épaules de la jeune femme. Il effleura sa nuque, avant de s’éloigner d’elle.

-Votre beauté est une malédiction pour vous… Une agréable malédiction pour nous, mais vous réaliserez qu’ici, elle ne vous sera d’aucune utilité. Je n’ai jamais été sensible à la beauté, du moins pas au point d’en perdre mes objectifs de vue. La société de l’enfer est une société ou, malgré le chaos apparent, un ordre précis y règne, cet ordre n’est pas celui de la beauté. Il est celui de la malice, de l ‘intelligence, du mérite. Et l’insolence ne vous y aidera pas…Pas plus que vos lignes de courbes.

Le jeune elfe semblait comprendre comment survivre ici. Lucifer avait été obligé de la violenter, face à cette assemblée, lui-même devait se soumettre aux règles qu’il créa dans le passé. Personne, pas même lui ne pourrait échapper à la dictature de la puissance. Il obéissait lui-même aux règles de l’Univers, et dans l’univers, le fort punissait toujours le faible lorsqu’il oubliait sa place. La vie le lui avait enseigné. Il avait échoué à cause des Entités supérieures alors qu’il allait battre son jeune frère… Il avait oublié sa place, et l’Univers la lui avait rappelée. Et visiblement, la leçon du coup de genoux ne fut pas suffisante. Face à cette pseudo tentative de déduction de Jenifael il répondit ironiquement.

-Je vois que vos capacités de réflexions sont remarquables ! Oui, vous ne saurez rien de votre ancienne vie, parce qu’elle n’existe plus. Elle ne vaut plus rien ! vous êtes morte ! et personne, pas même moi ne peut vous ramener à la vie. Pourquoi croyez-vous que ceux qui subissent la mort perdent la Mémoire ? Ce n’est pas une punition ! C’est une grâce divine ! Une grâce que nous les Dieux, vous avons octroyée. Votre vie n’existe pas, pour que vous ne souffriez pas. Je pourrais très bien vous rappeler chaque détail de votre vie, mais il n’en sera rien. Car il vous faut devenir quelqu’un d’autre, vous êtes morte, et même damnée. Et il vaut mieux que vous ne sachiez pas ce qui vous a mené ici, comme tous ceux qui y sont !

Lucifer resta là. Il l’observait, lorsqu’il senti quelque chose d’étrange dans son esprit. Hallucinant… Elle tentait de pénétrer ses défenses mentales ? Quelle audace ! Il était assez surpris par le culot dont, même face à la damnation, une femme pouvait faire preuve. Devait-il la punir comme elle le méritait ? Non, au contraire, son acte montrait que son avenir serait tout assuré. Lucifer n’aimait pas l’insolence, mais il aimait l’audace. Cet acte incroyable venait de faire naitre chez lui une certaine estime. Il aurait pu broyer son esprit, en faire un légume pour le reste de sa damnation… Il se contenta simplement de rendre son esprit impénétrable. Elle devait se rendre compte que ici, seul l’obéissance mêlée à cette audace pourrait lui permettre de survivre, et de se hisser aux plus hautes sphères de l’enfer.
Elle retira son épée, lentement, une fois encore, un soldat voulu intervenir, Lucifer, agacé qu’on obéisse sans qu’il en donne l’ordre projeta un violent mur d’énergie contre le pauvre démon qui vola à travers la salle. Sans broncher, Lucifer observait cette chevalière, jadis Reine, jadis élue des Dieux, fille d’une Déesse, lui offrir son épée, tout en se soumettant à lui. Victoire totale. Elle regarda son nouveau Roi droit dans les yeux. Lucifer observait la lame qu’elle lui tendait. Magnifique, tout comme elle. Il prit l’épée de ses mains. Une pièce de choix, qui irait parfaitement dans sa collection. Il fit un geste de sa main libre, et cette fois-ci, un soldat s’avança sans prendre une attaque de son Dieu en pleine figure… Il lui confia l’épée, et lui ordonna de la ranger dans ses appartements privés, et de la faire mettre sous bonne garde.


-Ce Royaume obéit à une loi. Vous êtes exceptionnelle Jenifael, mais il vous faudra le prouver. Personne ici ne peut prétendre arriver sans naissance ni passé et vouloir la plus haute place. C’est à la sueur de votre front, aux litres de votre sang que vous devrez vous faire ici une position. Il n’y aura pour vous ni clémence ni excuse. L’échec ne sera pas permis.

Non, l’échec ne serait pas permis, soit elle serait détruite, broyée par les exigences sociales que ce Royaume demandait. Lucifer lui-même avait du faire face à la rébellion, et c’est la force de son charisme, de son courage, de son éloquence et par les armes.

-En enfer, il n’existe pas de carrière plus glorieuse que les armes. Vous avez de la chance, car c’est celle-ci que vous embrasserez. Vous servirez ici, au Palais, sous mes ordres. Ma garde vous fournira un uniforme complet de l’armée Infernale.

La Garde du Palais, contrairement à ce que’ l’on aurait pu croire, était loin d’être un poste tranquille. C’était là que les meilleurs espoirs de l’armée se retrouvaient. On les préparait à devenir les futurs commandos d’élite de l’Empire Infernal. Et les officiers Aristocrates, eux, se préparaient à devenir les futurs généraux de Lucifer. Autant dire que l’entraînement dépassait tout ce que n’importe quel soldat mortel pouvait imaginer. Cette garde était légendaire, elle avait affronté de nombreuse fois les Paladins Divins des Dieux au cours des multiples guerres entre le Ciel et l’Enfer.

-Si vous arrivez à survivre, et à passer l’épreuve finale de la Garde, alors vous aurez gagné mon respect. Et vous pourrez faire partie de l’aristocratie de ce Royaume, alors seulement, j’accepterais votre Soumission telle que vous la mériterez.
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Jenifael
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MessageSujet: Re: La deuxième vie [pv Lucifer]   Mer 27 Oct - 9:27


    Jenifael fut surprise d’entendre des murmures autour d’elle. Depuis le début, elle n’avait pas prêté la moindre attention pour savoir si quelqu’un se trouvait dans la pièce ou non. Lorsqu’elle tourna son regard, elle ne vit aucun visage, aucune ombre qui lui indiquait une quelconque présence. Elle tendit son esprit pour s’apercevoir qu’effectivement, la cours royale avait assisté à la scène. Même la scarification ? Méfiante, elle referma son esprit afin d’éviter toute intrusion malsaine, puis reporta son attention sur le roi des Enfers. Lui offrir son épée avait été plus ou moins chose facile, bien qu’elle n’avait aucune autre solution. Déterminée, certes, mais ce geste lui fut semblable à une plaie qui ne peut cicatriser. Elle se trouvait donc à la merci de Lucifer, désarmée et déboussolée. Elle le regarda sans ciller lorsqu’il lui révéla ses plans à son sujet, tout en rendant son esprit imperméable à toute intrusion. Totalement seule, l’elfe n’avait plus d’autre choix que suivre la marche qu’on lui indiquait. Mais a cet instant, elle ne se promit rien, ni de se surpasser, ni de tenter de trouver une place ; juste à survivre, car il lui semblait qu’il n’y avait que cela à faire dans ces lieux. Son arrogance venait d’être mise à l’épreuve et elle n’avait aucune envie de réitérer l’expérience.
    A peine le roi avait finit de parler que deux gardes s’approchèrent de l’elfe pour lui indiquer de sortir de la salle. Jenifael obéit sans un mot, et se détourna de Lucifer. Cependant, elle lui accorda un dernier regard songeur avant de passer la porte. Il y avait quelque chose chez cet homme qui l’intriguait, comme une force invisible, et bien qu’elle tentait de la chasser, cette impression revenait, plus tenace que jamais.

    L’ancienne reine suivit sans broncher les deux gardes qui ne lui accordèrent aucun mot, ni aucun regard : ils se contentaient d’obéir pour ne pas être réprimander comme leur collègue. Elle ne regarda même pas autour d’elle les lieux qui s’offraient à son nouveau lieu de résidence et se contentait de suivre, tête baissée, le regard songeur à ce qui venait d’être dit, mentionné et ordonné. Elle n’arrivait pas encore à mesurer l’opportunité qui s’offrait à elle alors que son âme avait été condamnée à la torture éternelle.
    Une fois les dédales des couloirs passés, les gardes s’arrêtèrent devant une grande porte en bois ornée d’un métal fin. Jenifael leva la tête pour attendre un quelconque ordre, mais aucun des deux hommes ne s’exprima. Elle retint un soupir, peur des représailles, et prit l’initiative d’entrer de son plein gré. La pièce qui s’offrit à elle était d’un grand raffinement : spacieuse, ses grandes fenêtres donnaient sur une partie des jardins, de la ville mais aussi d’une chaîne de montagnes impressionnantes. Un grand lit se trouvait au fond de la chambre, en face d’une grande cheminée en pierres sombres. Il y avait quelques meubles comme une commode, une armoire, un grand fauteuil à côté duquel se trouvait une petite table sur laquelle était posée un bouquet de fleurs toutes aussi sombres l’une que l’autre, mais d’une grande beauté. Jenifael entra tout en admirant la richesse de sa nouvelle demeure, sans comprendre ce qu’attendait exactement Lucifer d’elle. La porte se referma doucement, et elle était certaine que les gardes se trouvaient toujours derrière, prêts à agir au moindre faux mouvement. L’elfe se dirigea vers le lit sur lequel elle se coucha, posant son regard sur le plafond. Elle exprima enfin son soupir alors qu’elle pouvait se laisser aller à toutes ses émotions. Songeuse, elle resta ainsi des heures sans comprendre sa nouvelle situation ; le fait de n’avoir aucun souvenir était troublant, car il lui semblait qu’elle avait vécue de nombreuses années, mais aucun son, ni aucune image ne vint à sa mémoire. Peut-être valait-il mieux ainsi…

    Le grincement de a porte l’a sortie de sa méditation. L’elfe se redressa avec une grimace de douleur ; ses cotes sur son flanc droit l’a faisaient souffrir ; le coup de genoux du roi avait laissé un bel hématome. Cependant, elle ne détourna pas le regard de la femme qui venait d’entrer dans sa chambre. Grande, fine, ses cheveux rouges relevés, retombaient agréablement en quelques mèches dans sa nuque. Ses yeux, tout aussi rouge fixaient l’elfe sans laisser transparaître la moindre émotion. Seul son doux sourire brisa la froideur de son regard :

    _ Je me nomme Narvath, je serai à votre service afin de vous guider les premiers temps dans ce royaume.

    Jenifael ne répondit pas et remarqua qu’elle portait un plateau en argent sur lequel reposaient de nombreuses victuailles. Son ventre se mit à grogner à l’appel de la nourriture. Depuis combien de temps n’avait-elle pas mangé ? Narvath garda son sourire et déposa le plateau sur la table à côté du fauteuil. L’elfe se leva naturellement et alla s’y asseoir, tandis que la jeune femme s’asseyait en face d’elle.

    _ Je suppose que je n’ai besoin de me présenter, de plus, je n’aurai pas grand-chose à vous dire.

    Son interlocutrice rit doucement. Il y avait quelque chose de rassurant dans son attitude, qui arrivait à apaiser l’elfe.

    _ Non, vous n’avez pas besoin de vous présenter. Quant à moi, j’ai beaucoup plus de choses à vous apprendre sur ce qui vous entoure. Sachez que vous êtes sous les ordres du roi. Cette chambre est désormais la votre ; vous possédez une nouvelle garde robe et votre uniforme se trouve dans la commode. Le matin, je viendrai vous réveiller, rapidement prête pour affronter les journées qui vous attendent.


    _ Qu’attend-il de moi ?

    Narvath regarda l’elfe dans les yeux sans lui adresser la moindre once d’agressivité. Elle inspira profondément et parla doucement.

    _ Seul, lui, le sait.

    L’elfe arqua un sourcil, pas vraiment satisfaite de cette réponse. Elle n’en attendait pas vraiment davantage non plus, sachant qu’elle avait offert sa vie au roi et que c’était désormais à lui de choisir ce qu’il en ferait. La domestique revint s’asseoir en face de l’ancienne reine et prit un air beaucoup plus grave.

    _ Jenifael, je ne vais pas vous cacher que les jours, les semaines et les mois qui vont arriver ne vont pas être difficiles. Lucifer vous a incorporez d’office dans la garde royale et attendez-vous à être méprisé, d’une part parce que vous êtes une femme, et d’autre part parce que vous êtes ici, dans l’annexe personnelle du roi.

    Et ce fut ainsi que les autres jours se déroulèrent. L’ancienne reine avait répondu présenta et à l’heure à l’appel du premier jour, tout en s’apercevant qu’elle était la seule femme au milieu d’un groupe d’une vingtaine d’hommes. Elle ne retira pas de son esprit qu’elle devait survivre et à aucun moment elle tenta de se surpasser ni de prouver quoi que cela soit. Rien ne vint perturber son esprit qui ne présentait rien d’important car elle se refusait elle-même de penser. L’absence de ses souvenirs avait fini par ne plus la ronger et bien qu’elle puisse penser à son avenir, elle n’en fit rien préférant se consacrer aux épreuves qui l’attendaient. La lumière disparaissait progressivement…
    L’entrainement n’offrait rien de bon, encore moins à celle qui était considérée comme la protégée de Lucifer. Celui-ci étant occupé à une bataille à la surface, ses sbires en profitaient pour accuser cette femme qui perturbait le déroulement de la vie aux enfers. Jenifael savait qu’elle n’était pas acceptée, mais elle n’en avait que faire. Elle encaissait les coups, les humiliations sans répondre et passait au dessus de toute remarques quelles qu’elles soient. Elle avait gardé son entrainement militaire de Kleryana, et bien qu’elle ne savait absolument pas d’où cela venait, elle avait gardé le mécanisme des parades de combat, ce qui énervait davantage ses co-équipiers.
    Le soir, Jenifael apprenait avec Narvath le fonctionnement des enfers, ses castes et toute sa hiérarchie. Elle posait de nombreuses questions concernant Lucifer, mais sa nouvelle amie arrivait toujours à détourner sa réponse pour ne pas en dévoiler sur le roi, si bien que l’elfe abandonna rapidement. Narvath essuyait également les blessures de sa protégée ; l’humiliation avait un prix et les soldats n’étaient pas doux sur les coups qu’ils portaient, même lors des entrainements. Plusieurs fois, Jenifael revenait avec une nouvelle plaie, plus ou moins profonde. Cependant, ce mépris qu’elle endurait ne faisait que l’endurcir…

    Au fil des jours, les changements se firent voir ; ses cheveux devinrent plus sombres tandis que ses yeux devenaient de plus en plus froids. Il y avait quelque chose qui naissait en elle alors que ses pensées devenaient de plus en plus obscures. Et il en émergea quelque chose de déroutant.
    L’elfe avait totalement oublié depuis combien de temps elle se trouvait aux enfers, et en réalité cela lui importait peu puisque les jours s’enchainaient rapidement, tous sur la même longueur d’ondes. Un soir après un entrainement, un officier se présenta à elle. Jenifael se leva pour lui faire face, signe de respect pour les gradés. Les autres soldats se regroupèrent autour d’eux et l’elfe arqua un sourcil intrigué par cet étrange comportement.

    _ Soldat Kadec, vous avez encore fait trop d’erreurs aujourd’hui. Si les entrainements que je dispense ne vous intéressent pas, allez donc vous occuper des cuisines ou faire d’autres travaux réservés aux femmes.

    L’elfe sourit mais ne répondit pas à cette provocation supplémentaire. Elle se contenta de regarder son supérieur afin de connaître ses véritables intentions, persuadée qu’il y avait autre chose qui se cachait derrière ce comportement. Comme personne ne bougeait, elle étendit son esprit pour pénétrer dans celui de son officier ; elle n’y trouva pas grand-chose, ou alors rien d’important mis à part sa grande frustration de ne pas rabaisser totalement l’elfe. Mais les ordres du roi avait été clair. Jenifael fronça les sourcils ; qu’est-ce que le roi avait à voir dans cette affaire ? Elle avait bien comprit qu’elle ne devait plus se poser la moindre question concernant Lucifer et ce qu’il comptait faire d’elle, mais ce genre de remarque devenait insupportable, comme si elle ne pouvait survivre sans le roi. L’officier devint écarlate en remarquant ce que l’elfe venait de faire. Il l’a chassa de son esprit et vociféra :

    _ Pour qui te prends-tu misérable femelle ?

    Jenifael n’eut pas le temps de réagir, mais esquiva au dernier moment la lame tranchante de l’épée adverse. Cet affront était celui qui lui donna l’impulsion qu’elle désirait ; elle se rua sur son supérieur, qui surprit n’entreprit aucune défense. Elle plaqua ses mains sur lui et à l’aide de ses jambes le poussa jusqu’au mur où elle le plaqua avec violence et force, un bras sous la gorge et l’autre qui retenait l’épée. Son regard devint noir tandis que ses mains chauffaient de plus en plus, jusqu’à brûler le démon qui tentait de se dégager. L’elfe approcha son visage du sien, et lui murmura :

    _ Je suis celle qui te commandera un jour, toi et toute ton armée.

    La chaleur intense se propagea dans l’armure de l’officier qui ne pouvait plus la supporter. Jenifael le lâcha alors que des brûlures étaient apparues sur la gorge su supérieur, ainsi que sur les paumes de la jeune femme. Elle lui adressa un sourire malsain et se retourna pour quitter la salle des entrainements. Tous s’écartèrent sur son passage, non pas de crainte, mais d’étonnement. Elle avait gagné cette bataille là, mais la guerre serait longue.


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