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 La magie des Jardins...

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MessageSujet: La magie des Jardins...    Mar 1 Mar - 8:29


Mes côtes me faisaient toujours autant souffrir, mais je ne savais pas ce qui me faisait le plus mal entre les séquelles de mon combat contre Slorak, ou le poids des révélations qui venait d'être faite aujourd'hui. *Certainement les révélations* pensais-je. Comment Nessa avait pus mettre çà de côté ? Ce n'était tout de même pas un détail. J'étais un inconnu de ce royaume, et voilà que j'apprenais que j'étais le petit frère du Roi intronisé le jour même, et qui par la même occasion avait failli me tuer, ou bien était-ce moi qui avait failli le tuer. Oui, je préférais me dire que j'aurais été vainqueur. Toujours était il que c'était à dormir debout.
Suite à ça, j'avais raccompagner Taya dans les appartements qui nous avaient été prêter, en attendant une nouvelle rencontre avec Slorak, qui je devais le dire, était tout aussi déstabilisé que moi. Ma compagne avait besoin de repos, et les jardins à la tombée de la nuit ne lui plaisait pas tellement après nos aventures, son lit devait être plus accueillant, et je ne lui en tenait pas rigueur. Elle devait avoir compris que je voulais être seul. Moi, c'était tout à fait ce qu'il me fallait en ces moments difficiles. J'avais eu le temps de me passer sous l'eau, le sang coaguler et la poussière qu'avait occasionner la quasi-destruction d'une des pièces dans les étages n'avait pas fait que du bien, et j'étais mieux sans. Slorak avait envoyé des hommes un peu plus tôt dans la journée à l'auberge ou Taya et moi nous étions arrêtés, pour prendre nos affaires. Ce dont je lui étais tout de même reconnaissant, même si je ne savais vraiment plus à quoi m'attendre de lui désormais. Mais au moins avais-je pus revêtir ma tenue d'assassin, celle que Nessa avait fait taillé spécialement pour moi. Une longue tunique noir, en tissu souple idéal pour les grands mouvements, parfaite pour les combats, l'escalade ou même ce qui me surpris, la plongée ! Un chrysanthème en fil d'or était brodé à l'arrière de la cape, symbole des assassins de mon Royaume. Les entrelacs retombaient joliment sur le devant, elle me ceignait parfaitement. La manche gauche était bien évidemment rallongé, afin que personne ne voit les cheveux qu'elle cachait. Elle possédait d'innombrable poche, qui était vide pour le moment, et c'était valable aussi pour la poche de Scotch.
Je ne supportais plus ses cachoteries. Il avait élaboré des stratégies dans l'ombre sans même me concerter, et avec Nessa en plus. Pendant combien de temps encore serais-je le pantin de cette maudite sorcière qui ne me faisait pas confiance ? La preuve en avait été faite aujourd'hui même.

A mesure que je m'avançais, le décors changea, et je dus rectifier plusieurs fois ma route en demandant l'aide des gardes impériaux qui passaient dans les couloirs. Après plusieurs minutes de marche perdu dans mes pensées, je le vis enfin. Ce petit sentier qui était marqué de pierres blanches, dont certaine était plus petite que les autres et d'autre à demi recouverte de mousse qui menait jusque dans le jardin royal. Le panorama serait surement mieux une fois vue du toit, et c'est donc en toute discrétion que je disparu, levant la main vers la corniche la plus proche et me hissant doucement sur elle. Quelle bonne idée j'avais eu. Il y avait si longtemps que je n’avais pas eu de paysage comme celui ci sous les yeux. Le spectacle des jardins au-delà desquels surgissaient les montagnes était d’une beauté indicible. Les derniers rayons du soleil teignaient de rose et d’or les sommets enneigés, et le ciel était d’un bleu transparent, presque argenté. Je restais la, immobile, à contempler cette splendeur en m'en imprégnant avidement, comme si ce jardin devait être ma dernière vision du monde. Après tout, j'avais bien failli ne plus revoir rien de tout ça aujourd'hui. L'heure de la méditation était elle venu ? Surement oui. Je conservais ce rituel depuis maintenant plusieurs année. Chaque jour, je posais mes mains sur mes genoux, et je respirais lentement, me contentant d'écouter les bruits des alentours. Cela maintenez mon ouïe au meilleure de sa forme, et c'était à la fois terriblement reposant.

La première goulée d'air emplissant mes poumons à cette hauteur m'arracha une grimace, le temps se refroidissait et j'étais bien peu couvert. J'avais l'impression que mes poumons souffraient un peu plus à chaque respiration, mais surement était-ce dû aux flammes que le Roi avait invoqué dans la salle réduite ou je me trouvais. Je n'avais pas pus m'empêcher d'en respirer quelques vapeurs. Les bruits qui m'entouraient été tous particulier, j'entendais les bonnes s'affairant dans les cuisines, l'heure du repas arrivant. Les chiens de la garde ronflant tranquillement, les bruits de course dans les couloirs, le piaillement des derniers oiseaux qui se hâtaient de filer dans leurs nids... Et...

«  Je suis en train de rêver ? » murmurais-je. Cette respiration saccadé, lente et qui sonnait doucement à mon oreille. Je ne l'avais pas reconnu à sa simple respiration. Le parfum qui m'emplit les narines venait de m'aider considérablement. Mais qu'est ce qu'elle faisait là, dans les jardins royaux ? Je haussais les épaules en ouvrant les yeux. Le spectacle n'avait pas changé, si ce n'est qu'il avait une nouvelle chose dont il pouvait se vanter, Enora. Je souris, après tout, moi aussi j'étais bien dans un endroit ou personne ne devait m'attendre, il devait en être pareil d'elle. Doucement, je me relevais et les tuiles ne craquèrent même pas sous mon poids lorsque je fis le tour du petit toit pour apparaître au dessus d'elle. M'avait elle entendue venir ? Un rapide coup d'œil en contrebas m'apprit que non, mais... Je n' avais pas remarqué de l'autre côté qu'elle était si mal en point. Son visage était tuméfié et elle portait son bras en écharpe. Je devinais sans mal qu'il devait en être de même pour au moins l'une de ses jambes, la canne à ses côtés pouvait en témoigner.

Les cheveux de Mira s'aggriperent aux rebords du toit, et je me laissais lentement basculer dans le vide. Une fois proche du sol, je lâchais prise, et mon grappin se rétracta, disparaissant à nouveau sous ma manche. Elle venait surement de m'entendre, cette fois ci...

« Je vois que j'arrive après la fête » Je me penchais par dessus le banc, tout sourire. « Content de te revoir, Enora. »
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Enora Abd al-Krim
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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Mer 2 Mar - 10:29

J’avais l’impression que le temps se jouait de moi pour me garder prisonnière de cet endroit. Les guérisseurs avaient réalisé un miracle avec mes blessures, en soignant les os brisés. Je devais faire très attention à ma jambe et à mon bras, mais je marchais. Quelques jours auparavant, j’étais alitée, la fièvre m’emportant dans l’autre monde. Je fermais les yeux, tandis que les souvenirs m’envahissaient tel un poison mortel. Je pouvais ressentir la douleur de mon corps sous la pression de la torture tandis que mon âme souffrait en silence. Je pouvais entendre les os se briser sous la violence, le sang couler le long de ma jambe, la douleur envahir mon être. Bien que je n’étais plus dans cette sombre cellule, je ne pouvais retirer certaines images de mon esprit. Comment pourrais-je oublier ?

Oublier.

Ce mot résonnait dans mon esprit qui tentait tant bien que mal à effacer ces sombres pensées. J’inspirai un grand coup en ouvrant les yeux. Je grimaçais sous la douleur et posais ma main sur mon flanc droit. Je pouvais ressentir la lame de la dague trancher ma peau pour s’enfoncer entre mes côtes. Aëlwenn avait déversée tant de haine dans cet acte que les guérisseurs n’avaient pas réussi à soigner cette blessure, même par la magie. Seul le temps m’aiderait à vaincre la douleur et à recoudre la chair. Quant à la cicatrisation, je savais que je garderai une cicatrice qui m’aiderait à me rappeler ces jours sombres. Cette plaie était une des raisons pour lesquelles les guérisseurs m’interdisaient de prendre le chemin du retour de Shahnaz, qu’ils jugeaient trop dangereux pour mon état de santé. Mon caractère impulsif me dictait le contraire. Il fallait que je prenne une décision et bien que mon âme toute entière voulait rentrer dans ma cité, je ne savais pas ce qu’il en était de mon cœur.

Je levais mes yeux vers les montagnes d’Elwen qu’on pouvait apercevoir au loin. La clarté du soleil se reflétait dessus avec de magnifiques couleurs chaudes. Le printemps tant attendu arrivait enfin, et la nature s’en réjouissait. Un couple d’hirondelles vint se nicher entre deux pierres de la tour. Mon esprit divagua à nouveau et se concentra sur une seule personne.

Slorak.

J’avais répondu à la mission de la sorcière, et rempli ma dette par la même occasion. Je ne lui devais plus rien. Slorak était dorénavant roi, et je n’avais plus rien à faire dans ce royaume. Et pourtant, je n’arrivais pas à le quitter. Ni l’un, ni l’autre.

Le léger vent changea de direction pour souffler vers l’ouest. Mes cheveux balayaient doucement mon visage tandis que mes pensées changeaient radicalement d’avis par la même occasion. Il était roi. Il était ce qu’il avait toujours été destiné. Un roi, un monarque, un souverain, tandis que moi je restais une assassin. Tout se remettait inlassablement dans le même ordre et il demeurait celui que je ne pouvais atteindre. Alors pourquoi rester ? J’inspirais à nouveau en prenant soin de bloquer ma respiration avant que la douleur n’intervienne, tout en gardant ma main posée délicatement dessus. A travers le tissu de ma tunique, je pouvais sentir les bandages. Une cicatrice pour le restant de mes jours. Triste métaphore de la réalité. Je grimaçais à nouveau et posais mon regard sur la cime des montagnes au loin. Je devais quitter Kleryana pour ne plus y revenir.

Un léger bruit venant d’au-dessus m’interpella, mais je ne bougeais pas. Certainement un chat qui passait par là. Je restais accrochée à mes sombres pensées lorsqu’une présence se profila à mes côtés. « Je vois que j'arrive après la fête » Cette voix. La surprise envahit mon corps mais je ne laissais rien transparaitre. Que faisait-il ici ? « Content de te revoir, Enora. » Un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Rapidement, je comptais le nombre d’année qui nous séparaient. Quatre longues années. Je tournais la tête vers lui, posant mes yeux clairs dans les siens. Ses iris me troublaient, comme autrefois. Comme Lui. Une fois de plus, je le chassais de mon esprit.

« Maël. »
Je souriais un peu plus, sentant la douleur de la plaie de ma lèvre se tirer. « Ne t’inquiète pas, la fête était de très mauvais goût. Tu n’aurais pas aimé.» Plusieurs questions se bousculaient dans ma tête et je me fis violence pour les remettre dans l’ordre. Je m’efforçais de rester la plus indifférente possible mais la curiosité de savoir ce qu’il faisait à Elbereth me brûlait les lèvres. « Je mentirai si je disais que je ne suis pas étonnée de te voir ici. Pas mécontente, mais surprise. Alors, dis-moi, qu’es-tu venu faire dans cette cité ? Ton éternelle soif de connaissance ? » Je remarquais ses longues mèches de cheveux, dont certaines tombaient délicatement sur son visage. Il restait toujours aussi séduisant. A vrai dire, j'étais heureuse de voir un tel visage. Je me sentais moins seule.


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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Mer 2 Mar - 23:42

Son sourire m'arracha une grimace, elle semblait souffrir bien plus que je ne l'avais pensé en la regardant. Son corps entier portait les cicatrices du rudes combat qu'elle avait dû mener, non, à ce stade là, elle avait dû être torturée quelques jours avant que Slorak ne monte sur le trône. Ma très bonne intuition me dit qu'elle avait été libérée lorsque le Roi avait renversé le pouvoir. J'aurais l'occasion de vérifier ces hypothèses plus tard, après tout, mon frère me devait bien des réponses.* Mon frère … * Il était extrêmement déroutant de pensé à lui comme ça, mais pourtant cette pensé venait de s'imposer toute seule dans mon esprit. Je reportais mon attention sur celle que je connaissais depuis longtemps maintenant, combien de temps cela faisait il ? Un rapide calcul... quatre ans déjà. A cette époque je ne possédais ni l'arme qui dormait sous ma manche, ni même Scotch, et certainement pas la confiance en moi que j'éprouvais maintenant. J'avais bien changé, et elle aussi. Je pouvais quand même voir ses traits fins à travers son visage tuméfié, elle n'avait pas perdu de sa superbe. Même amochée elle restait tout de même agréable à regarder. « Ne t’inquiète pas, la fête était de très mauvais goût. Tu n’aurais pas aimé.». D'un léger hochement de tête je lui fit comprendre que je la croyais sur parole, ces derniers jours n'avait certainement pas été terrible pour elle. J'écrasais ma cape contre le banc et m'assit sur elle, juste à ses côtés. « Je mentirai si je disais que je ne suis pas étonnée de te voir ici. Pas mécontente, mais surprise. Alors, dis-moi, qu’es-tu venu faire dans cette cité ? Ton éternelle soif de connaissance ? »

Deux options s'offraient maintenant à moi, ou je lui mentais depuis le début en lui racontant une histoire à laquelle je n'étais même pas sur qu'elle croit. Enora était futée, c'était bien l'une des choses dont je me rappelais le mieux d'elle, après tout, c'était une assassin de renom. La deuxième était extrêmement tentante, lui dire tout ce qui me passait par la tête, dans un simple esprit de vérité, pour me soulager moi et mon cœur meurtris. Je me souvenais de nos discussions, quatre ans étaient passés désormais, mais je savais que mes secrets n'était jamais sortit de sa bouche. Nous autre assassin sommes régit par un code de l'honneur, qui ne nous permets pas, en principe, de trahir nos frères. Quelques entorses peuvent être faite, mais jamais pour ce genre de chose en général. Mais une autre question s'imposa... Me croirait elle si je lui en parlais ? Les conseils de Scotch me manquait maintenant, c'était à triste à dire, mais sans lui je ne savais pas si je pourrais aller bien loin. Et un prince illégitime privée de tout pouvoir était aussi inutile qu'un couteau à pain en temps de famine. Elle m'observait, mon mutisme n'était pas passé inaperçu.

« Oh, une soif de connaissance insatiable en effet, mais j'ai plus de talent pour les ennuis... je me retrouve une nouvelle fois les mains liés dans de sombre projet, comme lors de ma visite dans tes contrées. Te souviens tu ? » Nos rires se mêlèrent à l'évocation de ces souvenirs, mais bien vite elle redevint sérieuse, appuyant une main sur ses côtes. « Hum, non, plus sérieusement je suis de passage dans ce Royaume par le plus grand des hasards, du moins c'est ce que je croyais au début. Mais il semblerait aujourd'hui que ma venu était attendu par plus d'un. » Le soleil déclinait à l'horizon, mais le jardin restait tout de même inondé de lumière, ce qui n'était pas déplaisant. Plus tard il ferait nuit, plus nous pourrions discuter. Slorak m'attendait pour le souper, nous aurions à parler de chose et d'autre, bien que je n'attendais pas du tout ce moment avec impatience. «  En tout cas la surprise est partagée... Que fais tu si loin de chez toi ? Et surtout dans cet état, si toutefois tu veux en discuter »

Comment diable est-ce qu'elle avait pus finir comme ça ? Et surtout ici, dans les jardins du Roi. Je comprenais ma présence ici, malgré qu'elle soit difficile à expliquer. Manipulé par une vieille sorcière afin de faire monter sur le trône un souverain qui n'était que mon frère, de sang. Mais Enora était si loin de ses déserts arides et chaud qu'elle affectionnait tant. Une pensée me traversa l'esprit. Avait elle eu pour mission d'assassiner Slorak ? Si bien qu'une fois capturée elle fût torturée et ensuite relâcher pour une suprême humiliation, sachant très bien qu'après tout ça elle n'irait plus très loin ? Non, c'était beaucoup trop loufoque pour tenir la route. Mais alors quoi ? Le mieux était encore d'attendre qu'elle me réponde.
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Enora Abd al-Krim
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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Jeu 3 Mar - 9:55

Je me souvins à quel point j’appréciais la compagnie de cet homme ; il choisissait ses mots avec soin pour ne dévoiler que le stricte nécessaire. Je savais que si je voulais en savoir davantage, je devais poser la question. Lors de son escale dans la cité de Shahnaz, nous avions passé de grands moments à discuter. Il connaissait le plus gros de mon histoire, car moi-même je n’étais pas entré dans les détails. Lui-même m’avait conté ses voyages, ses missions, son histoire, et j’avais préservé ses secrets au fond de mon cœur. J’avais appris à le connaitre, rapidement certes, mais je considérais alors son mutisme comme la recherche de la réponse adéquate. Il cherchait les bons mots qui répondraient convenablement à ma question. Je ne le brusquais pas, attendant patiemment la réponse qui ne tardait pas tant que ça. Il semblait aussi désorienté que je l’étais, non pas par notre rencontre. J’étais persuadée qu’il s’était passé autre chose durant son arrivée à Elbereth, et qui le dépassait complètement. Une fois encore, je ne le brusquais pas.

« En tout cas la surprise est partagée... Que fais tu si loin de chez toi ? Et surtout dans cet état, si toutefois tu veux en discuter » J’eu un léger rictus et plongeais à mon tour dans un profond mutisme. Je ne savais pas par où commencer entre Nessa, Jenifael, Hadrian, Aëlwenn… Les images revenaient dans ma mémoire bien plus brusquement que je le pensais et me provoquèrent un frisson désagréable qui me longea la colonne vertébrale. Je réprimais un autre soupir qui aurait causé une nouvelle douleur. Mon esprit resta coincé entre les différents souvenirs qui me hanteraient certainement durant des années. Avec les doigts de ma gauche, je jouais nerveusement avec un bracelet que j’avais autour de l’autre poignet. Je sentais parfaitement la présence de Maël, et je me devais de lui répondre. De toute façon, dans ce royaume, j’étais considérée comme l’assassin de la reine. « Je… » Les mots ne vinrent pas immédiatement, comme s’ils restaient bloqués. Je me fis violence.

« C’est une longue histoire qui a failli me couter la vie. » Je tournais la tête et plongeais mes yeux dans ses iris émeraude. « J’ai fait le voyage jusqu’à Elbereth pour répondre à une mission. J’ai tué la reine Jenifael, l’épouse de l’ancien roi. » J’omis l’identité de mon commanditaire, et son premier ordre de retrouver Slorak. Je l’avais effectivement retrouvé lorsqu’il venait de tuer son père. Puis la mission de tuer la reine dont je n’avais pas le choix de refuser. « J’ai été faite prisonnière et condamné à mort. Le roi pensait que j’agissais sous les ordres de Slorak. Je pouvais démentir autant que je pouvais, aucune de mes paroles ne m’auraient sauvées. » Je marquais une courte pause afin de le laisser déduire la suite des événements. La rage d’Hadrian d’avoir perdu l’amour de sa vie s’était transformée en une haine sans nom. Imaginer la suite n’étais pas difficile. « J’ai eu le privilège d’être pliée à ses meilleurs chevaliers, dont sa sœur Aëlwenn. C’est elle qui m’a poignardée, au cas où la corde autour de mon cou ne soit pas assez serrée. » Je détournais la tête du regard de mon interlocuteur, et promenait mes yeux dans le jardin. La nuit était pratiquement tombée mais il régnait quelque chose de magique dans cet endroit. « Je pense qu’elle s’attendait à ce que Slorak arrive, mais elle voulait que je meure quoi qu’il arrive. » Un page vint discrètement allumer les multiples lanternes qui éclairaient le jardin. Il ne nous adressa qu’un regard discret mais ne s’attarda pas, préférant profiter de la fête. La musique s’élevait depuis la cour du château et on pouvait percevoir les rires.

Je me levais doucement, en prenant soin de ne pas créer une nouvelle douleur. En boitant un peu, je m’approchais du rebord du jardin qui surplombait la cour du château. Des centaines de lampions aux diverses couleurs venaient d’être allumées et donnaient une nouvelle ambiance à la fête. Les gens riaient, dansaient, et je pouvais ressentir leur joie. Ils fêtaient leur liberté, leur nouveau roi. Je n’arrivais pas à me sentir proche d’eux et participer aux festivités. Mon cœur n’y était pas. Je parcourais la foule du regard, lorsque mes yeux s’arrêtèrent sur la silhouette que je désirais tant. Slorak était parmi eux comme il se devait et discutait à droite et à gauche. Il avait cependant l’ai préoccupé et j’en fronçais les sourcils. Il possédait ce qu’il désirait depuis des années, mais je sentais qu’il n’arrivait pas à participer pleinement à la fête.

Je perçus un faible bruit sur ma gauche et me rappelais que Maël était toujours présents à mes côtés. Il attendait certainement le reste de mes explications. Je m’appuyais sur mes coudes que je posais sur la pierre de façon à être légèrement penchée au-dessus des remparts qui donnaient sur la fête. Je ne détournais pas le regard de Slorak, mais poursuivis : « Oui, il avait une sœur dont j’ignorais l’existence. Je pense que lui aussi, mais cette histoire semble trop floue. Il l’a tué lorsqu’il est revenu à Elbereth, et m’a sauvé de la potence de justesse. » Je ne me souvenais pas de ces moments, car j’avais sombré dans l’inconscience. Je fixais Slorak, perdue dans mes pensées à tel point que j’avais omis la présence de mon ami. Je murmurais à moi-même.

« Je lui dois la vie. ».

Mes sentiments tentèrent de reprendre le dessus sur ma raison, mais je me fis violence pour les repousser une fois de plus. Nous n’avions pas le même destin, et je me devais de quitter ce royaume au plus vite. Un goût de rouille me vint en bouche et je grimaçais. Dans ma lutte contre mon cœur, je m’étais mordu la lèvre, ouvrant légèrement la plaie qui saigna immédiatement. Je posais mon index dessus pour m’en rendre compte, ce qui me sorti de mes sombres pensées. Je me redressais et me tournais vers Maël : « Tu vois, la fête était de très mauvais goût. Alors dis-moi maintenant ce que tu fais au château royal. Ne me dis pas que c’est pour la cérémonie, je ne te croirai pas. » Je lui adressais un sourire narquois. Je savais que ce genre de festivités ne l’attiraient pas, et qu’il y avait quelque chose derrière tout cela.
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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Ven 4 Mar - 9:51

Voilà qui ne m'aidait pas à oublier la journée exécrable que j'avais passé. Mais j'étais forcé de constater qu'il y avait pire que mon histoire. L'assassin de la Reine ? Je sentis un profond respect naître en moi, bien qu'elle n'ait pas besoin de ça pour que je la considère, mais tout de même, ça avait du être un sacrée tour de force. Les temps avaient dû être difficile pour elle, j'étais bien placé pour savoir que les minutes s'égrainaient vraiment très lentement une fois emprisonné dans une geôle... Et la torture n'aidait en rien. Une chance que mon frère soit arrivé à temps.
Ses jambes flagellèrent un moment lorsqu'elle se mit debout. J'esquissais un geste, discret, avant de retenir mon bras. Elle avait sa fierté, et je la connaissais juste assez pour savoir qu'elle préférait tombé que d'être ramassé de justesse. Devoir une vie devait déjà être bien assez difficile pour elle. Je la regardais se trainer lentement jusqu'au petit balconnet donnant sur la cours. Quant à moi, je restais immobile, les yeux rivés sur les jeux de couleurs qu'offraient les lanternes du petit jardin. La nuit commençait déjà à tomber alors que j'avais l'impression de ne rien avoir vu de la journée. C'est en soupirant que je décrochais mon regard du spectacle et que je rejoignais Enora, accoudés au muret.
Je ne mis pas longtemps à me rendre compte qu'elle fixait Slorak, sans même se soucier de moi. Il se tenait au milieu d'une foule de personne, discutant aimablement avec eux, s'exprimant par de grand geste de la main et rythmait la discussion à coup de grande d'accolade chaque fois que quelqu'un croisait sa route. Quelques pensées égoïstes me vinrent à l'esprit, comme par exemple «  Et si je l'avais laissé croupir en prison ? » ou encore «  Si je l'avais tué dès aujourd'hui pendant notre combat ? » mais je les chassais aussitôt venue. Nous avions tout les deux remporté la victoire qui nous manquait en ce jour. Il me devait en quelque sorte son trône, et je lui devais mon nouveau pouvoir. Il pouvait bien se prélasser des heures durant avec les gens du peuple, festoyant et riant aux éclats, il l'avait amplement mérité, et nous retournerions aux combats bien assez tôt pour qu'il n'en profite pas.
Voilà que je me mettais à pensé comme un frère, surement était-ce mieux pour nous deux. Nous, les derniers descendant d'une dynastie désormais éteinte.

 « Oui, il avait une sœur dont j’ignorais l’existence. Je pense que lui aussi, mais cette histoire semble trop floue. Il l’a tué lorsqu’il est revenu à Elbereth, et m’a sauvé de la potence de justesse. »

Ma manche tressaillit, j'avais pendant un moment oublié qu'Enora se tenait juste à côté de moi. Une sœur ? Mon sourire ne lui parut pas inaperçue j'en étais sur. Combien en avait il découvert ses derniers temps ? Ce qui ne me mit pas le doute sur nos liens une seule seconde néanmoins, nos recherches de l'après midi avaient été concluante, et les Rois d'Heb pouvaient effectivement être nos parents à tout deux. Pour s'en rendre compte il suffisait juste d'avoir accès aux registres du Royaume. Et c'était bien heureusement un endroit ou un Roi et son premier chevalier pouvait se rendre. La façon dont Enora venait d'annoncer ça me mit la puce à l'oreille. Ce n'était pas qu'une simple admiration qui perçait là, non, c'était de l'adoration mal déguisé. « Tu vois, la fête était de très mauvais goût. Alors dis-moi maintenant ce que tu fais au château royal. Ne me dis pas que c’est pour la cérémonie, je ne te croirai pas. » Elle me connaissait donc si bien que ça. Je repris en riant.

« Sans vouloir te vexer ma chère Enora, je n'ai qu'à voir ta tête pour comprendre qu'elle n'aurait pas été à mon goût, cette fête. » Il fallait que je songe tout de même à ne pas lui donné trop envie de rire, ses côtes étaient encore fragile et ses lèves se craquaient part endroit. « Pour te parler franchement, j'avais moi aussi une mission ici... C'est moi qui ai libérer Slorak de sa prison en déjouant la vigilance de Lord Waldstein. » Ses grands yeux s'ouvrirent, visiblement surprise. Si je suivais le chemin qu'avait fait le Roi en se libérant, il avait dû accourir au secours d'Enora quelques jours plus tard. *Eh bien, une chance pour elle *. Je reportais mon attention sur la fête en contrebas, Slorak m'observait, cela n'avait duré qu'une fraction de seconde mais c'était suffisant pour qu'Enora et moi même le remarquions. Il chuchotait à présent à l'oreille d'un de ses gardes qui lui aussi regarda en notre direction. Je ne m'en formalisait pas plus, et avec l'agilité d'un chat je m'assis sur le rebord du muret, les pieds dans le vide. Le ciel avait à présent abandonné toutes ses teintes pour se transformer en un immense drap noir ponctué d'étoile. « … En fin de compte Kleryana n'est pas bien différent de nos royaume non ? Je veux dire par là, toujours les mêmes intrigues politiques, un peuple mourant de faim sous le joug d'un roi tyrannique, des sentiments qui s'entremêlent de ci de là. » La dernière remarque la visait, et je souris en la voyant rougir. Il était évident que Slorak lui plaisait beaucoup plus que je ne le pensais. Mais se rendait elle compte qu'il était un souverain, et elle une simple assassin sans classe social ? Tout était plus facile il y a quatre ans de cela. « Et de plus nous nous mêlons au final de choses qui ne concernent en rien nos Royaumes... à moins qu'on ne les aient oubliés, comme moi »

J'étais surement le seul de nous deux à avoir tourné le dos de la ou je venais, mais ce n'était pas grave, mon petit discours aurait peut être l'effet que je comptais. Le soldat à qui Slorak avait parlé venait de faire son entrée dans le petit jardin, nous cherchant des yeux. Lorsqu'il nous ou aperçu, son pas se fit plus rapide, et il s'inclina face à moi. Ce qui parut surprendre une nouvelle fois mon amie.

« Lord Theirmall, sa Seigneurie Slorak Vi Kleryana souhaite savoir s'il était possible qu'il rejoigne son premier chevalier dans les jardins, et cette... » Il jaugea alors du regard Enora avant de rajouter «  Dame... ». Je lui signifiait d'un geste de la main que j'étais d'accord, et qu'il pouvait disposer. Ses pas résonnaient encore dans les couloirs de pierre pendant que je me demandais pour Slorak demandait la permission pour quelque chose, n'était il pas Roi ? Non, surement ne voulait il pas déranger. En tout cas désormais Enora venait d'apprendre que j'étais son premier chevalier et bien d'autre chose, peut être que dans quelques minutes elle aussi serait dans la confidence...
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Slorak
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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Ven 4 Mar - 12:50

Un bain de foule. Voila fort longtemps que je n'avais pas connu cela. La dernière fois remontait sans doute a mon retour de la campagne du Nord ! J'étais jeune, j'étais héroïque, et j'étais surtout le prince légitime. Et aujourd'hui, où est donc passé ce temps ?Ou est passé cette époque ? Révolu ? Envolé ? Non les temps sont simplement différents. J'avais obtenu par la force de choses, ce qui me revenait de plein droit. Je serrais des mains a tout va. Saluait des soldats, fier de me servir. Femmes et courtisanes se ruaient sur moi dans l'espoir de m'arracher un baiser. Mais qu'avais-je fait ? Pourquoi tout cet engouement, pour l'homme que j'étais et qu'il y a quelque mois a peine ,inspirait la terreur chez de nombreux habitant de la capital, subjugués par le tissu de mensonge de mon père.

Félicitation mon seigneur ! Grâce au Dieux vous avez gagné.

Je m'arrêtais sur les paroles d'un vieux prêtre du temple d'Elwenn. Je le fixais, non sans ravaler ma rancoeur a ces propos. Comment cet homme pouvait être si naïf. Par respect, j'acceptais la main qui me tendais, mais lorsqu'il voulu la retirer, je la bloquait dans ma main, sans lui affliger la moindre douleur.

Ce sont les hommes qui combattent, et ce sont les hommes qui meurent. Les Dieux n'y sont pour rien. Ils n'interviennent jamais, et se contente de nous laisser faire...En leur nom !

Je lachais la du vieillard avant de continuer mes petite conversation de courtoisie. Nombre de prétendant a la noblesse s'affairaient déjà a me caresser dans le sens du poil, et certain ancien duc et autre baron, qui avaient survécu a l'épuration que j'avais ordonné dès la prise d'Elbereth, m'offrait déjà de charmante jeune femme a marier, dans le simple but d'accéder au statut d'intouchable de la famille royale. Quelle hypocrisie ! Mais le temps était a la fête, au divertissement. Le peuple avait besoin de ces escapades festives afin de se remettre des émotions des dernières semaines. Mon regard se portait sur la foule, qui riait, chantait et dansait. j'avais réussi là ou de nombreux avant moi avaient échoué, et la simple évocation de cette pensée, me mettais du baume au cœur. Alors que mon regard parcourais la foule, il s'arrêta sur les jardins suspendus et mes yeux s'arrêtèrent sur mon chevalier en présence d'Enora. Il était temps pour moi de m'éclipser un instant et de laisser au peuple, le soin de s'amuser. J'envoyais un garde annoncer ma présence. Du moins en demander l'accord, même si je savais que mon statut de Roi allait obligatoirement faire pencher la balance pour une réponse positive. Chose qui fut confirmé par le signe de tête du soldat dès son retour près de moi quelques minutes après son départ. Je me rendis donc vers ces jardins isolés, le coeur légé, et l'esprit vidé de toute tension. Mon récent combat avec Maël n'avait que renforcé ma bonne humeur, car il confirmait mon jugement de cet homme, qui jouissait a présent d'un statut très privilégiée. Je m'arrêtais sous l'encadrement d'un préau, et fixait deux personnes importantes pour mon règne. Je m'éclaircissais rapidement la gorge.

Je vois que le destin nous a réunis tout trois en ce lieu.

je levais la tête et observais un court instant le ciel, qui s'étoilant, devenait une véritable beauté de la nature a admirer encore et toujours. Un ciel assombris par une nuit fraiche mais tellement agréable. Sans quitté l'ombre de mon refuge, je souriait a mes deux interlocuteurs.

C'est une très belle soirée n'est ce pas ?

Je m'avançais quittant l'appui qu'une colonne offrait a mon épaule. Un pâle halo de lumière guidait mes pas vers les deux assassins. Une réunion au sommet. Trois personnes de trois royaume différents, et qui avaient chacune un rôle important derrières leur frontières. Frontière qui tôt ou tard finiraient par disparaitre. Je regardais Enora, me rendant compte que mes guérisseur, couplés a sa volonté, avaient procurer un résultat très impressionnant. Malgré les stigmates de son calvaire, elle gardait une beauté époustouflante.

Enora ! Il est temps pour toi, de savoir la vérité....

Je marquais une pause, déglutissant amèrement.

Ta tortionnaire n'était pas ma soeur, et le Roi n'était pas mon père. Mon frère n'est pas Hadrian....

Je tournais la tête vers Maël, posant ma main sur son épaule.

... Le premier chevalier, est mon frère....

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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Sam 5 Mar - 3:41

Je savais que Maël choisissait ses mots et qu'il ne disait rien au hasard. Il avait réussi à percer l'armure que je formais autour de mon cœur. S'il 'lavait perçut, d'autres en feraient de même ; il était grand temps que je quitte Kleryana. Je baissais la tête en souriant légèrement. « Ne me regarde pas comme ça, c'est déjà assez difficile. » Je relevais mon regard pour lui faire face. « C'est une vieille histoire qui a dix ans mais qui n'a aucun avenir, j'en suis parfaitement consciente. Mon état de santé ne me permettait pas de reprendre la route, mais il est temps. Je repars chez moi demain. » Je lui adressais un dernier regard pour lui signifier que la discussion était close à ce sujet et que je ne voulais plus en parler.

J'avais été trop affaiblie ces derniers jours, et je sentais que mon âme toute entière n'était plus la même. Je devais me ressaisir rapidement. Je ne voulais en aucun cas ressembler aux femmes qui s'accrochaient au cou de Slorak. En parlant de lui, je ne le voyais plus en contre bas et j'avais le pressentiment qu'il montait dans les jardins. L'angoisse me saisit brusquement, et j'adressais une dernière parole à mon ami « Ma place n'est pas ici. ». Je pensais quitter cet endroit pour m'enfermer dans ma chambre jusqu'à l'aube. Je sentis Maël inspirer, sûrement pour rétorquer ce que je venais de dire, mais il n'eut pas le temps. Une voix s'éleva de l'ombre non loin de nous. « Je vois que le destin nous a réunis tous les trois en ce lieu. C'est une très belle soirée n'est ce pas ? » Je regardais Maël en coin, dissimulant autant que je pouvais mon malaise. Je n'avais pas vu Slorak depuis mon réveil, et Kaveh ne m'avait pas informé s'il était venu me voir. A vrai dire, je préférais ne pas le savoir.

« Sire. » Ma voix était légèrement étouffée. Je ne savais pas comment agir avec lui avec son statut. Les rares fois où je l'avais vu s'étaient déroulées dans d'autres circonstances. Dorénavant, il était souverain et s'élevait bien au-dessus de mon rang sans valeur dans ce royaume. Il semblait ne pas y avoir fait attention, et poursuivit : « Enora ! Il est temps pour toi, de savoir la vérité.... Ta tortionnaire n'était pas ma soeur, et le Roi n'était pas mon père. Mon frère n'est pas Hadrian... Le premier chevalier, est mon frère.... » J'arquais un sourcil et partageais mon regard sur les deux hommes. Le poids de la révélation s'accompagnait d'un silence prolongé. Je ne savais quoi dire, ni comment réagir. Une vague de souvenir me revint en mémoire, notamment ce qu'avait dit Aëlwenn avant le chemin de la potence : elle parlait de projets et semblait bien connaître Slorak. Je m'appuyais sur le muret pour reposer ma jambe douloureuse. Ils attendaient une réaction de ma part et je ne savais laquelle leur offrir. J'étais décidément entouré de complots familiaux les plus tordus les uns que les autres. J'en étais las...

J'esquissais un sourire. Si j'avais bien compris, Maël se retrouvait Premier Chevalier du Roi. Tant mieux, car Slorak aurait beaucoup d'ennemis à vaincre, dont la plupart dans son entourage. Je pris enfin la parole : « Aëlwenn te connaissait suffisamment pour croire qu'elle était bien ta sœur. Elle avait une façon précise de me parler de toi. » Je n'en ajoutais pas davantage, d'une part parce que je ne voulais pas être submergé de souvenirs douloureux et d'autre part, je préférais garder pour moi les longues heures où Aëlwenn me parlait de Slorak pour m'affaiblir encore plus. Je les observais silencieusement ; ils n'avaient aucun traits de ressemblance mis à part l'éclat émeraude de leurs yeux. Je souriais. « Je pense qu'à vous deux le royaume est bien protégé. » J'entendais par là que je ne voulais pas être mêlé à d'autres affaires en dehors d'Ilinsah. Je ravalais un soupir en pensant à mes terres natales. Une question m'effleura l'esprit : « Je connais vaguement l'histoire des rois de Kleryana, alors pourquoi n'es-tu pas mentionné Maël ? »

Mes yeux se posèrent sur mon ami, puis sur le roi. Un léger éclat brillant attira mon regard et je baissais les yeux sur un pendentif qu'il portait. Je retins mon souffle ; il s'agissait d'un des Dragons d'Hilsîn. Je baissais discrètement le regard vers ma main droite où une bague en argent à mon index représentait le même dragon. C'était Aëlwenn qui me l'avait mise de force, et je ne l'avais jamais retirée, même après mon sauvetage. Ces bijoux aux pouvoirs sombres permettaient aux personnes qui les portaient de ressentir l'autre. Etant son appât, Slorak devait ressentir ma torture. Cela étant terminé depuis plusieurs jours, pouvait-il ressentir mes sentiments ? Je fus prise d'un léger malaise, à peine perceptible. J'avais l'impression qu'un étau se resserrait progressivement autour de moi.

Je leur avais posé une question, et par politesse, j'attendais patiemment la réponse. Cependant, une fois fait, je devais partir. Je devais feindre la fatigue et ne pas rester en présence de Slorak.
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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Lun 7 Mar - 7:52

La discutions ne tournait pas mal, du moins je la jugeais tendu depuis la récente arrivé de Slorak. Une vieille histoire de dix ans avait elle dit ? Bien avant que l'on ne se rencontre alors. Le monde était donc si petit que ça pour que nous trois qui vivions dans des contrées différentes ait une histoire liés ? La fête battait toujours son plein en contrebas, et la disparition de Slorak était passé inaperçu pour les gens du peuple qui étaient trop occupés à chanter, boire et danser. Enora avait visé juste, ce n'était vraiment pas le genre de chose que j'aimais.

« Je connais vaguement l'histoire des rois de Kleryana, alors pourquoi n'es-tu pas mentionné Maël ? ».

Voilà qu'encore une fois elle n'avait pas tort. Mais évidemment elle ne pouvait pas avoir entendu parlé de moi. J'étais toujours assis sur les rebords du balconnet, jouant avec la gravité quand je me balançais. Pour beaucoup, faire ce que je faisais aurait pus être dangereux, même mortel. Un faux pas et la chute ne vous brisez pas seulement les deux jambes, non, même votre colonne vertébrale se tassait jusqu'à ce que vous puissiez vous grattez le nez avec vos pieds. Mais j'aimais beaucoup trop flirter avec le vent pour m'en formaliser, et en cas de chute, je possédais ce que d'autre n'imaginai même pas. Je répondis à la question avec soin.

« C'était la question que je me suis posé, tout comme toi, je suis resté sceptique devant cette vérité. Les Rois de Kleryana remontent loin, très loin et toutes leurs histoires sont scrupuleusement notés avec le plus grand soin. Cependant plusieurs zones d'ombre peuvent s'éclaircir. Ils cachent en général leurs bâtard, ou même les problèmes interne. » Slorak acquiesçât, ce qui me donna envie de continuer. « Ce qui n'est pas notre cas Enora, nous ne sommes ni des bâtards, mais nous sommes certainement des problèmes. » Ce qui ne manqua pas de décrocher un sourire de Slorak, oui, nous étions des problèmes et la preuve en avait été faite. Enora restait imperturbable. « Slorak est un enfant adopté, ou plutôt un gage de bonne foi de nos parents. » Un coup de vent plus fort que les autres manqua de me déstabiliser, mon pied pivota gracieusement et je descendis doucement du rebord, cessant pour ce soir mes amusements grotesque, surtout dans ce genre de conversation. « Nos parents sont bien des souverains, mais ceux du Royaume d'Heb, le royaume ou j'ai grandis loin de mon frère. Et ou tu m'avais promis de faire un tour... » Je venais tout juste de me rappeler de cette discussion. Nous l'avions tenu jusqu'à très tard dans la nuit, dans ses appartements. C'était une voyageuse aguerri, mais à cette époque j'avais des choses à lui offrir qu'elle ne connaissait pas. La description des montagnes d'Albion, les champs de Krytiennes, ces fleurs bleus qui se compter par milieu dans le royaume et qu'on ne retrouve nul par ailleurs. Et sans compter toutes les merveilles architecturales des bâtiments.

«  Enfin, je pense que vous aurez l'occasion d'expliquer tout çà une fois que je serais partit. » Je commençais déjà à marcher en direction de la sortie, quand je me rappelais d'une requête. « Slorak, je dois me rendre dans les appartements de Taya avant de partir pour les côtes de la mer d'Émeraude... Pourrait tu ne pas lui assigner de chevalier pendant mon absence ? » Il comprenait surement ou je voulais en venir, et répondit par la positive. «  Et si jamais je ne reviens pas, prends le meilleur parmi eux... Mais je tâcherais quand même d'être de retour, crois moi. » Ma confiance en moi avait grimpé en flèche avec le nouveau pouvoir qu'il m'avait confié. Déjà qu'avec ma magie en contrôle absolu je ne craignais rien ou presque, j'étais désormais invincible. Je lançais tout de même quelques mots avant de disparaître.

« Ce fut un plaisir Enora, j'espère que nous aurons de nouveau l'occasion de converser dans des moments moins troublés. Fais bon voyage...»

Mon ombre s'étira longuement quand je disparus dans le noir.
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Enora Abd al-Krim
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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Sam 12 Mar - 6:47

« Ce fut un plaisir Enora, j'espère que nous aurons de nouveau l'occasion de converser dans des moments moins troublés. Fais bon voyage...» Je le suivais du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse dans l’ombre. J’étais désormais seule avec Slorak. Je levais les yeux vers lui pour m’apercevoir qu’il m’adressait un regard interloqué par ce que venait de dire Maël. Son silence en disait long, et je savais que c’était à moi d’ouvrir le débat. Je soupirais doucement et me tournais vers la rambarde où la fête battait son plein dans la cour du château en contre bas. Vu le mutisme du… roi -cette pensée me faisait sourire intérieurement, et j’avais parfaois du mal avec ce terme qui désignait celui que j’avais rencontré il y a une décénnie- j’en déduisais que les guérisseurs s’étaient entretenus avec lui me concernant. Peut-être. Ils lui avaient certainement dit que mon état de santé ne me permettait pas de reprendre la route. Peut-être.

Sans le regarder, je pris la parole : « Je repars demain matin pour Shahnaz. Il est temps que je rentre chez moi. » Je sentais qu’il s’approchait de la rambarde tandis que je fixais les gens. Tous pensaient aux jours meilleurs qui s’annonçaient, à la victoire du Loup d’Hecara, à la fin du règne des tyrans. Que se passerait-il si la vraie nature de leur roi apparaissait au grand jour ? J’optais pour sa perte pure et simple, et probablement une guerre civile. Kleryana n’avait pas besoin de ça. Il fallait que le royaume se reconstruise, et le peuple avait besoin d’un souverain fiable. Je savais que Slorak s’atèlerait à la tâche mieux que quiconque. Je tournais la tête vers lui. « Ma mission à Elbereth est terminée. Maintenant, tu as Maël à tes côtés, et je ne me fais aucun de souci pour l’avenir de ce royaume. » Ses iris émeraudes brillaient avec la lumière de la fête en contre bas. J’esquissais un sourire non dissimulé. Il avait la prestance et le charisme du roi que le peuple demandait.

Un garde passa non loin de nous dans notre dos. Il devait certainement faire son tour de garde. Je me tu le temps qu’il passe et baissa la tête tout en effaçant mon sourire. Je sentais que Slorak voulait parler, mais je le devançais en me tournant à nouveau vers lui : « Ma décision est prise, et je sais ce qu’en pense les guérisseurs. Peut importe, je n’ai plus rien à faire ici. Il n’y a aucune place à Kleryana pour moi. » Je me détournais de lui, prise d’un léger malaise. Sans en attendre davantage, je me retournais et me dirigeais vers le jardin, éclairé par des centaines de lanternes colorées. Cela ne me ressemblait pas. Est-ce l’air de ce royaume maudit qui me rendait prisonnière d’un sentiment que je repoussais ? Je n’étais pas moi-même et l’esprit mélancolique qui m’habitait me rendait malade. Mon regard fut attiré par un petit chat tigré qui traversa rapidement le jardin. « Ah ! » Les bijoux d'Hilsîn me revinrent en mémoire, et je devais accomplir une dernière tâche avant de partir. Je me retournais vers la rambarde pour parler à Slorak, mais celui-ci m’avait suivi et se tenait près de moi. Je retirais l’anneau de mon doigt et lui présentais : « Aëlwenn me l’avait mise au doigt. Elle disait que tu viendrais plus vite si tu ressentais ma douleur. » Je sourais nerveusement et passais une main dans mes cheveux pour les remettre en arrirère. « Maintenant que tout est terminé, je te rends l’anneau. » Je m’approchais de lui, pour le lui remettre. Je cru voir qu’il souriait, mais son visage était dissimulé sous sa capuche et l’obscurité des jardins n’aidait rien. En un instant, je me revoyais à l’âge de seize, écoutant le récit des grands rois de ce royaume conté par le jeune prince Slorak Vi Kleryana. Sans réfléchir, je m’approchais davantage de lui, me hissais sur la pointes des pieds et posais doucement mes lèvres sur les siennes. Ce contact me procura un frisson agréable le long du dos. Nous restâmes ainsi un court instant tandis que des vois s’élevaient dans le jardin. Je me reculais brusquement, ne quittant pas le regard de Slorak. Un groupe de personne s’approchait de nous ; deux hommes dont la tenue luxueuse était celle d’un noble, ainsi que trois femmes toutes aussi élégantes les unes que les autres. Je reculais doucement, et le groupe en profita pour se mettre entre le roi et moi. Je ne bronchais pas. Le plus âgé s’adressa au roi : « Messire, permettez-moi de vous présenter ma jeune fille Hivana. » La jeune femme en question s’approcha de Slorak. Blonde, les yeux verts, elle avait tout pour plaire. Surtout grâce avec son statut de duchesse. Mes yeux rencontrèrent ceux du second homme, un noble. Il m’adressa un regard dédaigneux, rempli de haine et de mépris. Je fronçais les sourcils sans pour autant répliquer. L’homme s’approcha de moi, et me mumura : « L’assassin de la reine n’a rien à faire ici. Allez-vous en ! » Je levais les yeux vers Slorak, trop occupé à se démêler avec l’autre noble. L’envie de répondre fermement me traversa l’esprit, mais je n’en fis rien. Ma seule réponse fut un regard noir, tout aussi méprisant que son venin. Ce n’était pas le moment. En le regardant de haut, je me détournais du groupe et m’enfonça dans les jardins pour rejoindre mes appartements. Arrivée sur le palier, je me retournais, adressant un regard à Slorak. Les problèmes qu’il rencontrerait proviendront en grande partie de ses nobles.
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MessageSujet: Re: La magie des Jardins...    Sam 12 Mar - 9:05

Slorak : 6 xP

Création du sujet : 0/4
Réponse : 3/3*1
Longueur : 1/2*1
Orthographe : 2/2*1


Maël : 29 xP


Création du sujet : 4/4
Réponse : 3/3*3
Longueur : 2/2*4
Orthographe :2/2*4



Enora : 28 xP


Création du sujet : 0/4
Réponse : 3/3*4
Longueur : 2/2*4
Orthographe :2/2*4


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